Un véhicule équipé de caméras et d’un scanner laser a sillonné pendant deux semaines les routes du département, arbre après arbre. Dans la Somme, le conseil départemental vient de mener la toute première campagne française de recensement high-tech des arbres d’alignement bordant son réseau routier, une opération destinée à mieux protéger un patrimoine végétal fragilisé par le changement climatique.
Une opération inédite sur 1 445 km de routes
Lancée le 5 août 2026, la campagne a permis de scanner 24 400 arbres répartis sur 1 445 kilomètres de linéaire arboré, sur les 4 535 kilomètres que compte au total le réseau départemental de la Somme. « Nous sommes les tout premiers à user de cette technologie de pointe », souligne le département, qui confie l’opération à l’entreprise lyonnaise Greehill. Le coût total s’élève à 116 000 euros, dont 66 500 euros financés par l’État via le fonds vert « France Nation Verte ».
Le lidar, une technologie de pointe au service du patrimoine arboré
Concrètement, le véhicule utilisé embarque des capteurs et des caméras « à la façon des véhicules Google Earth », complétés par un système lidar, qui projette des impulsions laser pour analyser plusieurs millions de points par seconde. Chaque arbre est ainsi modélisé en trois dimensions et devient un véritable « jumeau numérique », permettant de repérer précocement les maladies, les faiblesses structurelles ou les besoins d’entretien. Les résultats complets de cette analyse sont attendus pour la fin de l’année 2026. Le département mobilise par ailleurs 180 agents dédiés à l’entretien courant de ces dépendances vertes.
Ce qu’il faut retenir
- 24 400 arbres scannés sur 1 445 km de routes départementales de la Somme.
- Campagne menée en deux semaines à partir du 5 août 2026.
- Coût total de 116 000 €, financé à hauteur de 66 500 € par le fonds vert de l’État.
- Technologie lidar et modélisation 3D en jumeau numérique, une première en France pour ce type d’inventaire routier.
Pourquoi cette démarche compte pour les collectivités locales
Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de collectivités qui cherchent à mieux connaître et préserver leur patrimoine naturel de proximité, à l’image de la transformation d’une friche en espace de nature à La Possession ou du grand nettoyage citoyen organisé sur les berges de la Têt à Perpignan. Elle rejoint aussi une tendance de fond où les collectivités s’appuient sur la donnée et la technologie pour piloter leurs politiques environnementales, un peu comme le réemploi informatique solidaire développé à Rouen pour prolonger la durée de vie du matériel plutôt que de le jeter.
Pour un département comme la Somme, disposer d’une cartographie précise de son patrimoine arboré permet d’anticiper les abattages nécessaires, de cibler les plantations de remplacement et de mieux évaluer l’impact des épisodes de sécheresse ou des maladies qui fragilisent les essences locales. Une donnée qui, à terme, pourrait inspirer d’autres départements confrontés aux mêmes enjeux climatiques.
Questions fréquentes
Combien d’arbres ont été recensés dans la Somme ?
24 400 arbres d’alignement ont été scannés le long de 1 445 kilomètres de routes départementales, sur un réseau total de 4 535 kilomètres.
Comment fonctionne la technologie utilisée ?
Un véhicule équipé de capteurs, de caméras et d’un système lidar à impulsions laser modélise chaque arbre en trois dimensions, ce qui permet d’en repérer les maladies ou les fragilités structurelles.
Qui finance cette opération ?
Le coût total de 116 000 euros est en partie couvert par l’État, à hauteur de 66 500 euros, via le fonds vert « France Nation Verte ».
Sources
France 3 Hauts-de-France —
Action Agricole Picarde —
Picardie Web
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