Souscrire un crédit immobilier ne se limite pas à négocier un taux : la couverture qui l’accompagne pèse elle aussi lourd sur la facture finale. Bien choisir son assurance emprunteur permet à la fois de sécuriser le remboursement du prêt et de réaliser des économies parfois considérables sur toute sa durée.
À quoi sert vraiment l’assurance emprunteur
La banque exige presque toujours une couverture avant de débloquer les fonds : en cas de décès, d’invalidité ou d’incapacité de travail, c’est l’assureur qui prend le relais pour rembourser tout ou partie des mensualités restantes. Avant de comparer les tarifs, il est utile de comprendre ce qu’est concrètement une police d’assurance et ce qu’elle couvre précisément, garantie par garantie.
Comparer les garanties avant le prix
Le contrat proposé par la banque n’est pas obligatoire : la loi autorise la délégation d’assurance, c’est-à-dire le choix d’un autre assureur, à condition que les garanties soient au moins équivalentes à celles exigées dans la fiche standardisée d’information remise avec l’offre de prêt. Un comparateur ou un courtier spécialisé en assurance emprunteur aide à visualiser les écarts de tarifs et de niveaux de couverture entre plusieurs offres, quotité par quotité. Comparer plusieurs propositions, un peu comme on le ferait pour un devis de déménagement, permet de repérer les écarts de prix injustifiés et les exclusions cachées dans les petites lignes.
Changer de contrat à tout moment grâce à la loi Lemoine
Depuis la loi Lemoine du 28 février 2022, entrée en vigueur le 1er juin 2022 pour les nouveaux contrats et le 1er septembre 2022 pour les anciens, chaque emprunteur peut résilier et changer d’assurance emprunteur à tout moment, sans frais ni justification, dès lors que le nouveau contrat présente des garanties équivalentes. L’assureur a désormais l’obligation d’informer chaque année l’assuré de ce droit. Pour un prêt en cours depuis plusieurs années, refaire les calculs vaut souvent la peine : les tarifs de marché ont beaucoup évolué, en particulier pour les emprunteurs les plus jeunes ou non-fumeurs.
Questionnaire de santé et droit à l’oubli
Depuis le 1er juin 2022, aucun questionnaire de santé n’est exigé si la part assurée par personne ne dépasse pas 200 000 € et que le prêt est intégralement remboursé avant les 60 ans de l'emprunteur. Au-delà de ce seuil, le questionnaire reste obligatoire, mais le droit à l’oubli s’applique désormais après un délai unique de cinq ans sans rechute depuis la fin du protocole thérapeutique, pour tous les cancers, sans surprime ni exclusion possible sur cet antécédent. La grille AERAS prévoit même des délais raccourcis pour certains cancers à bon pronostic.
Erreurs fréquentes à éviter
- Signer le contrat groupe de la banque sans avoir comparé au moins deux autres offres.
- Négliger la quotité d’assurance sur chaque co-emprunteur, notamment en cas de revenus déséquilibrés.
- Oublier de vérifier l’équivalence des garanties avant d’envoyer la demande de substitution, au risque d’un refus de la banque.
- Ne pas raisonner en budget global du crédit : établir ce budget précis, comme pour une rénovation de cuisine, permet de mesurer le vrai poids de l’assurance sur la durée totale du prêt.
- Attendre le déblocage des fonds pour s’en préoccuper, alors que la comparaison se prépare en amont de l’offre de prêt.
Questions fréquentes
Peut-on changer d’assurance emprunteur à tout moment ?
Oui. Depuis la loi Lemoine, en vigueur depuis juin 2022 pour les nouveaux contrats et septembre 2022 pour les anciens, la résiliation est possible à tout moment, sans frais ni justification, si le nouveau contrat offre des garanties équivalentes.
Faut-il remplir un questionnaire de santé pour souscrire ?
Non, si la part assurée par personne ne dépasse pas 200 000 € et que le prêt est remboursé avant les 60 ans de l'emprunteur. Au-delà, le questionnaire reste obligatoire.
Qu’est-ce que le droit à l’oubli en assurance emprunteur ?
C’est la possibilité, pour un ancien malade du cancer, de ne pas déclarer cet antécédent après cinq ans sans rechute depuis la fin du traitement, sans surprime ni exclusion de garantie.