En Dordogne, l’absence de transports en commun dans les zones rurales pousse depuis plusieurs années les communes et les associations à inventer leurs propres solutions. Dans le Périgord, un réseau de transport solidaire permet aujourd’hui à des dizaines d’habitants isolés, souvent âgés, de continuer à se déplacer pour un rendez-vous médical, des courses ou une visite à un proche.
Des bénévoles au volant de leur propre véhicule
Le principe est simple : des habitants volontaires mettent leur voiture et un peu de leur temps à disposition de ceux qui ne peuvent plus conduire ou qui n’ont pas accès à une ligne de bus. Lancée fin 2023, l’initiative couvre désormais neuf communes du secteur. Selon France 3 Nouvelle-Aquitaine, une trentaine de conducteurs bénévoles se relaient pour transporter régulièrement une centaine d’habitants, moyennant une participation modeste aux frais de trajet.
Pour une partie des bénéficiaires, comme cette habitante nonagénaire qui ne pouvait plus conduire pour rendre visite à son mari en Ehpad, ce service représente bien plus qu’un simple trajet : il maintient un lien social essentiel dans des zones où l’isolement guette particulièrement les personnes âgées.
ATCHOUM : une autre initiative de mobilité rurale en Dordogne
Un peu plus au sud, dans le Pays du Périgord Noir, les communautés de communes de la Vallée de l’Homme ont mis en place un dispositif complémentaire baptisé ATCHOUM. Objectif affiché : favoriser la mobilité des personnes non-véhiculées ou isolées, en combinant transport solidaire et covoiturage entre résidents. Le service fonctionne avec un système de « tickets mobilité », accessibles via la plateforme de la communauté de communes.
Ces deux initiatives, portées par des acteurs différents mais avec la même logique de solidarité de proximité, illustrent une tendance de fond dans les territoires ruraux français : face au désengagement des transports en commun classiques, ce sont souvent les habitants eux-mêmes qui organisent des réponses locales, peu coûteuses et fondées sur l’entraide.
Pourquoi ces dispositifs se multiplient
- L’absence quasi totale de transports en commun réguliers dans les communes rurales de moins de 2 000 habitants
- Le vieillissement de la population dans certains territoires du Périgord, qui accroît les besoins de déplacement contraint (santé, courses)
- Un coût de fonctionnement réduit pour les collectivités, qui s’appuient sur le bénévolat plutôt que sur une ligne de bus dédiée
- Un impact social fort : rompre l’isolement, autant que résoudre un problème de mobilité
Ce modèle, déjà répliqué dans plusieurs départements ruraux français, pourrait continuer à essaimer si les collectivités locales poursuivent leur soutien logistique et financier. Il s’inscrit dans une dynamique plus large de services de proximité qui redessine le quotidien de nombreuses communes.
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Questions fréquentes
Qui peut bénéficier du transport solidaire en Dordogne ?
Ce service s’adresse en priorité aux habitants qui ne peuvent plus conduire ou qui n’ont pas accès à une ligne de bus, notamment les personnes âgées ou isolées des communes rurales concernées.
Comment devenir bénévole conducteur ?
Il faut se rapprocher de l’association locale ou de la mairie de sa commune, qui recense les besoins et met en relation les conducteurs volontaires avec les habitants à transporter.
Le service est-il payant ?
Une participation modeste aux frais de trajet est généralement demandée, largement inférieure au coût d’un taxi, afin de couvrir les frais de carburant des bénévoles.
Sources
- France 3 Nouvelle-Aquitaine — Le transport rural solidaire en Dordogne
- Commune de Rouffignac-Périgord Noir — Le dispositif ATCHOUM
- JeVeuxAider.gouv.fr — Le bénévolat d’accompagnement à la mobilité
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